MAXETTE S'ENTRETIENT AVEC NEG MAWON SUR LA SITUATION EN GUADELOUPE

MAXETTE S'ENTRETIENT AVEC NEG MAWON SUR LA SITUATION EN GUADELOUPE

Mardi, 10 Mars, 2009 - 02:09



{{Nèg Mawon : Maxette ! Dans ta dernière interview que j´ai fait suivre et maintenant sur Potomitan : http://www.potomitan.info/maxette/entrevue.php, tu m´as dit que tu n´es pas spécialiste pour parler des problèmes de ton pays. Je reviens là-dessus. Qu´est-ce que tu as voulu dire ?}}

{{Maxette: Que même si tout est politique, politiquer n´est pas du tout mon fort. “Un averti en vaut deux.” disait ma mère.

{{Nèg Mawon : Mais après ce film de la série “F comme Femme” qui t´a rendue populaire et tes écrits dans Montray, ne crois tu pas que c´est le moment de t´y mettre, que tu dois bien cela à ton pays ?}}

{{Maxette: Regarde bien le film et tu verras que j´ai besoin de tout le monde, mais je ne dois rien à personne et personne ne me doit rien. J´ai choisi de ne pas avoir à m´investir dans les obligations ni en acte ni en actions. J´ai de la reconnaissance, qui veut dire que je reconnais tous les bienfaits envers moi, mais je ne dois rien à personne et je suis persuadée que Dieu bénit tous ceux et celles qui sont généreux avec moi, de la même manière que ma générosité est une grâce. Je suis une adultérine, j´ai été fille-mère et jamais on ne m´a donné de bourse, de subvention, du travail ou quoi que ce soit. Si je devais quelque chose ce serait à ma défunte mère qui m´a mise au monde et travaillait comme une esclave pour bien entretenir ses enfants. Seule depuis l´âge de 16 ans, je suis toute pleine de gratitude envers la vie, l´esprit qui m´anime, mé an paka dwé pon moun ayen. Même à mon mari la seule personne qui m´aide dans tous les sens, je ne dois rien. Nous aimer et nous occuper l´un de l´autre est tout à fait naturel. Tout est réciproque. C´est l´amour.

{{Nèg Mawon : L´amour c´est bien beau, mais il y a la réalité. Depuis un moment ce n´est pas l´amour qui régit la Guadeloupe et la Martinique, c´est l´injustice et la vie chère. Nos îles sont en colère. Qu´en penses-tu ?}}

{{Maxette: C´est dommage que ce ne soit pas l´amour qui domine toutes ces agitations. On croit que l´amour n´appartient qu´à la religion ou au sexe; il n´y a pas de mal à introduire l´amour dans la politique. Au contraire, puisque pour faire de la politique, avant le pouvoir matériel et manipulatif qu´on en tire, il faut aimer son pays et ses habitants. C´aurait dû être le vrai idéal de la politique car aimer son peuple est veiller à leur bien-être. À ce que je sache, c´est le peuple qui paie le salaire des politiciens et ils sont grassement payés. Si on ne l´aime pas, on se met du caca dans la barbe, selon l´expression créole.

{{Nèg Mawon : Que dis-tu de la révolte du peuple guadeloupéen?}}

{{Maxette: Puisque j´aime bien tirer le diamant de la gadoue, je veux croire que cette grève due à la vie chère et les inégalités ont d´abord pour avantage de souder toute la Guadeloupe, toute la Martinique, et la Guadeloupe et la Martinique en un menm-biten-menm-bagay et selon les infos la Guyane et la Réunion. Seule l´union qui fait la force peut ramener la paix de l´esprit où est incluse la satisfaction des revendications qui ramènera l´harmonie dans la chère vie. C´est ce que je veux croire. Le chercheur Guadeloupéen Jean-Luc Gourdine m´a envoyé cette expérience scientifique de Frans Waal le psychologue, primatologue et éthologue : "Les raisins et le concombre. Le principe de l’expérience : on demande à des singes d’effectuer une tâche et on les récompense pour cela. On donne aux uns des raisins, et aux autres des morceaux de concombre. Les singes préfèrent le raisin. Si dans un même groupe, tout le monde obtient du concombre, les singes sont disposés à travailler. Mais si certains seulement obtiennent du raisin, alors ils refusent de travailler. On appelle cela « l’objection des singes à la récompense inégale ». Conclusion de l'expérience: le sentiment de l’équité est inné (personne ne l’a appris aux singes). Une société où coexistent d’énormes inégalités est génératrice de stress… et de problèmes sociaux."

{{Nèg Mawon : As-tu toutes les informations de ce qui se passe à Guadeloupe ?}}

{{Maxette: Je reçois un paquet de sons de cloches plutôt sur Internet. Je connais l´histoire de la Guadeloupe mais pas ses actualités. Toutes les informations directement des Antilles sur Internet me donnent l´impression que l´histoire se répète de part et d´autre alors que l´esclavage est aboli ou est-il aboli ? En tous les cas, quelque soit l´intention et l´issue de cette grève, elle reste historique ! J´aurai préféré que cette union s´appelle LPPDL “Lyannaj Pou Pwofité Dè Lavi” mais malheureusement, il faut trop souvent une catastrophe pour se faire valoir. Ces fameux œufs cassés pour faire une omelette. Est-ce que tu as lu mon conte écrit bien avant cette grève :

[SENDIKA KREYOL SE BON BITEN-BON BAGAY http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1792->SENDIKA KREYOL SE BON BITEN-BON BAGAY http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1792]

{{Nèg Mawon : Et tu dis que tu ne t´y connais pas en politique?}}

{{Maxette: Je te répète que la politique n´est pas mon petit punch. Je lis, j´observe, j´écoute, j´ai ma logique. Après avoir vu le maltraitement réservé à mon premier guide vers mon identité par les siens, je nomme Gérard Lauriette qui ne voulait que réveiller la conscience des jeunes Antillais dont je faisais partie, j´ai compris. Le pouvoir de la politique ne m´a jamais intéressé, mais puisqu´il faut passer par là, j´encourage les jeunes dans leur liberté d´expression.Toutes les sociétés ont besoin de bons politiciens, de bons dirigeants... Est-ce que tu as lu mon histoire sur la politique créole? :[ http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1784-> http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1784 ]

{{Nèg Mawon : Je vais le lire. Le pouvoir de la politique ne t´intéresse pas, à quel pouvoir aspires-tu ?}}

{{Maxette: Ou bizwen sav tout´biten. Sèl pouvwè ki ka entérésé mwen sé pouvwè a Lèspwi-la. Pa tradwi. Say konpwann konpwann.

{{Nèg Mawon : Est-ce qu´on fait la grève en Suède ?}}

{{Maxette: J´habite ici depuis 33 ans mais je n´ai jamais souffert de la grève. Selon l´histoire, il y eut une grève générale le 21 août 1909 qui a duré cinq semaines où les travailleurs ont été ruinés et perdants sur tous les plans. Depuis malgré le taux de syndicalisation qui est 91 %, il y a peu de grèves en Suède, et jusqu´ici, je souligne que jusqu´ici, quand les Suédois font la grève, elles ne sont pas générales et elles sont courtes. En mai 2008 c´étaient les infirmières et les capitaines des ferry-boats, le 8 juillet 2008 c´étaient les bus. Puis les éboueurs pendant une semaine.

{{Nèg Mawon : Est-ce parce qu´ils sont satisfaits ?}}

{{Maxette: L´être humain est rarement satisfait. Tout n´est pas du tout rose en Suède, c´est même souvent gris, mais il se passe que la société suédoise est construite sur une vision collective très solide. Dans leurs écoles internationales de business, les Suédois vendent la médiation, la rigueur, l´organisation, le pragmatisme, la rationalité et l´efficacité. J´ai observé leurs élèves dont une Antillaise Priscilla Paulmin qui maintenant est en train de grimper les échelons dans son entreprise en Nouvelle Calédonie. Selon Merrick Tabor, un Américain professeur de science-politique à l´université de Stockholm, tout d´abord faire la révolution n´est pas une culture suédoise, ensuite les syndicats et les patrons ont des règles et des accords qui les permettent de trouver assez rapidement des solutions. Le Suédois Erik Sandhill, coordinateur du planning d´urgence civile m´a récemment rappelé qu´il y a Medlingsinstitutet soit un institut de médiation:[ http://www.mi.se/-> http://www.mi.se/]

{{Nèg Mawon : Tu as lu le scandale des békés ?}}

{{Maxette: J´ai même vu le film tombé comme un cheveu sur la soupe, mais ce sujet est déjà archi-traité par des spécialistes entre autres par Jean-Laurent Alcide :[ http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2045-> http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2045 ]

{{Nèg Mawon : Tu veux dire un mot sur le chlordécone ?}}

{{Maxette: Pas du tout. Va sur Montray, tout est déjà écrit : [http://www.montraykreyol.org/spip.php?article567&lang=fr->http://www.montraykreyol.org/spip.php?article567&lang=fr] ou lis "Chronique d'un empoisonnement annoncé". Le scandale du Chlordécone aux Antilles françaises de Raphaël Confiant, co-auteur avec Louis Boutrin et encore toujours des deux auteurs : " Chlordécone - 12 mesures pour sortir de la crise".

{{Nèg Mawon : Bien. Je sais que tu m´as déjà averti de ne pas te poser des questions sur le racisme mais comment en tant que femme noire ne pas te sentir concerné par le racisme ? Est-ce pour toi un sujet tabou ?}}

{{Pourquoi ne veux-tu pas en parler ? Allons Maxette, partage tes expériences ! Je suis jeune, j´apprends de toi, dis moi pourquoi tu refuses de t´exprimer sur le racisme.}}

{{Maxette: Ou rizé Nèg mawon. Ou péké pwan mwen an pon so démâté, mais demandé comme cela, je vais te raconté une fois pour toutes pourquoi je ne me sens plus concernée par le racisme. Dans ma première jeunesse, j´ai eu un conjoint blanc raciste car les racistes sont de toutes les couleurs et dans toutes les castes. Il était instruit, éduqué et d´une famille riche bourgeoise dont une partie avait vécu en Afrique. Il appartenait à un club d´hommes très fermé où était écrit sur la porte “Interdit aux nègres, aux Arabes et aux chiens”.

{{Nèg Mawon : Est-ce que tu allais dans ce club ?}}

{{Maxette: J´allais le chercher. Oui, je rentrais et nous repartions.

{{Nèg Mawon : Comment pouvais-tu vivre avec un raciste ?}}

{{Maxette: Pourquoi pas ? Le monde est plein de racistes. Il n´est pas le seul raciste sur terre. Dans son cas, je ne crois pas au hasard. Cette période m´a été très enrichissante, à savoir que vivre avec lui m´a convaincu que le racisme est une maladie mentale. Ses babillages racistes étaient communs et verbalement assez violents. Ce racisme venait de son éducation et il en souffrait beaucoup jusqu´à un jour qu´il se parlait à lui-même, il confessa qu´on lui avait donné une bicyclette alors que le plus beau cadeau qu´il souhaitait à son anniversaire dans sa septième année c´était être noir. Incroyable mais vrai ! Allez comprendre ce qui se passe dans la tête des gens. Je ne suis pas psychiatre. J´étais baba et c´était si pathétique et triste que j´ai fait comme si je n´avais pas entendu. J´éprouvai une grande commisération. C´est ainsi que je me suis inculquée une fois pour toutes que les expressions et les actes racistes n´avaient rien à avoir avec moi personnellement, mais venait d´une démence sénile, paranoïde et traumatique, parce que j´étais toujours obligée de lui rappeler que j´étais noire. Ceci dit j´ai aussi connu des noirs qui voulaient être blancs. Nèg achté loto, manman-y pa négrès ankò. Aujourd´hui je connais des nègres-blancs et des blancs-nègres.

{{Nèg Mawon : Mais qu´est-ce que tu faisais lorsque ton conjoint tenait ses propos racistes ?}}

{{Maxette: Je le traitais comme un enfant déréglé, ce qui le déséquilibrait encore plus car il s´attendait à ce que je me fâche et que je me défende, ce que je faisais au début, avant de savoir que les malades mentaux sont pénalement irresponsables.

{{Nèg Mawon : Il t´a battu ?}}

{{Maxette: Non. Jamais au grand jamais. Ceci dit, se révolter contre les injustices d´un gouvernement n´est pas du racisme et puisque les préjugés et les dérèglements sont établis, beaucoup de gens peuvent me dire, “Je suis raciste mais pas malade mental” et ils ont aussi raison. Sé toujou kouto tousèl ki sav say ka pasé an kyè a jiromon. Tu m´as demandé mon avis sur le racisme, je te raconte mon expérience et ma constatation. J´ai une amie qui me dit souvent “Tout le monde ne pense pas comme toi.” Heureusement !

{{Nèg Mawon : Pourquoi n´êtes vous plus ensemble ?}}

{{Maxette: Mon ami n´était pas seulement raciste, c´était aussi un homme franc, instruit qui savait aussi me faire rire. Je ne l´ai pas quitté parce qu´il était raciste, mais parce que jeune, encore à la recherche de ce que je trouve aujourd´hui en moi-même, j´étais prête à continuer ma route. Ce moment est vite arrivé quand lui et sa famille ont voulu me convaincre que je n´étais pas noire. Alors là, j´étais dans de beaux draps blancs. J´ai vite effacé les barreaux. Aujourd´hui lorsque quelqu´un me dit avoir des amis de telle race, ce pourquoi il n´est pas raciste...

{{Nèg Mawon : Es-tu raciste Maxette ? }}

{{Maxette: Tu me diras que beaucoup de racistes nient leur racisme comme un fou nie qu´il est fou, puisque c´est souvent fourré dans l´inconscient. C´est souvent leur attitude, leur agressivité, leur arrogance et leur dérapage qui les trahissent. Pour ma part, toute mon énergie est tendue à être consciente. C´est mon travail permanent. Donc à part ma tendance à généraliser que je travaille profondément, je me suis déjà confrontée à tous mes démons, surtout les raisons de la colère qui explosait de moi sans raison. J´ai déjà fouillé tous les coins et recoins de mon aliénation de colonisée sans trouver de sentiment raciste, cet hostilité systématique contre un groupe social. J´ai d´autres défauts, mais je ne suis pas raciste. Il ne m´est jamais venu à l´idée de préserver ma race. Probablement parce que je suis bâtarde et le fruit d´un bon mélange aux Antilles où règnent comme tu le sais les noirs, les blancs, les Chinois, les Indiens, les Syro-libanais... et aussi parce que ma mère, qui était rouge répétait à tout bout de champs “Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.” Je suis endoctrinée par ses proverbes : “Qui veut son respect s´en procure. Chose promise, chose due. Un averti en vaut deux.” D´autre part, être raciste quand on est à la fois émigrante et immigrante est une pure aberration. Toutefois je reconnais vite les racistes de toutes les couleurs.

{{Nèg Mawon : Comment réagis-tu aujourd´hui lorsque quelqu´un est raciste envers toi ?}}

{{Maxette: En général, lorsque quelqu´un n´est pas correct envers moi uniquement parce que je suis une femme noire, je me dis que la personne ne sait pas ce qu´elle fait parce que si elle me connaissait, elle se comporterait autrement.

{{Nèg Mawon : Qu´est-ce que tu veux dire si la personne te connaissait ?}}

{{Maxette: Pa konnèt mové, rasin ay sé on pwazon, est la phrase créole. Je veux dire que si la personne savait que je suis un esprit tout puissant habillé élégamment et intelligemment en femme noire créole, elle saurait aussi que tous les êtres ont deux voies: une démoniaque au cas où le démon existe, et une divine, et que moi Maxette je m´entraîne Dieu merci, à n´écouter que ma divine voix, ce pourquoi je traite les racistes comme s´ils ne sont pas racistes.

{{Nèg Mawon : Je n´ai pas tout compris mais je vais te relire. Quel est ton plus grand défaut ?}}

{{Maxette: C´est aussi une question intime mais bon! Mon plus gros défaut est aussi une de mes qualités : c´est de me considérer comme une outsider. Je me suis toujours sentie à part, exclue, une exclusion que j´ai transformé en force, d´où mon esprit d´indépendance et de caractère. Les gens qui expriment cet esprit de liberté dans leur art de vivre sont souvent attirés vers moi et réciproquement. Un autre défaut est de surestimer les gens. Je ne peux m´empêcher de croire que les gens sont plus conscients qu´ils ne le sont. C´est plus fort que moi. Par exemple lorsque je dis à quelqu´un que notre vraie richesse est en nous, et qu´il me demande un prêt alors que je ne suis pas une banque, je me dis que je dois apprendre à voir mon prochain tel qu´il est. Ou ka pèd savon a-w lè-w ka lavé tèt a moun kouyon, est le proverbe créole. Surestimer est mieux que sous-estimer, mais c´est tout de même un déséquilibre. C´est tout un chapitre, mais je me soigne.

{{Nèg Mawon : Comment tu te soignes ?}}

{{Maxette: Je me soigne en étant aussi vigilante que possible à ce qui se passe en moi, à mon dialogue intérieur puisque tout vient de là. La conscience exige la vigilance, le véyatif comme écrit Raphaël Confiant. C´est le véyé jé a-w!

{{Nèg Mawon :Qu´est-ce que tu entends par la conscience ?}}

{{Maxette: Être conscient c´est avoir la notion du bien et du mal tout en sachant que quand on est présent en soi-même, il n´y a ni bien ni mal. C´est le fameux être ou ne pas être de Shakespeare.

{{Nèg Mawon : Tu sembles beaucoup lire Shakespeare.}}

{{Maxette: Je l´ai lu, mais à l´heure qu´il est, je lis beaucoup plus Raphaël Confiant, Hector Poullet, Ernest Pépin, Eckhart Tolle, Henri Bergson, Arthur Schopenhauer, Krishna Murti... que Shakespeare.

{{Nèg Mawon : Est-ce que tu peux me conseiller un livre spirituel créole?}}

{{Maxette: Alors là, je ne suis pas sûre que tu aimeras ma réponse mais pour le moment c´est un livre que je conseille à tous les créoles de lire : “Éloge de la créolité – in praise of creolness “- Jean Barnabé, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant. ( Édition bilingue Gallimard ) C´est un livre poétique qui bien lu et relu, te nettoie toutes les encoignures de l´archaïsme et de l´aliénation la plus profonde. Ce sont des écrits qui libèrent et renforcent une indépendance intérieure créole.

{{Nèg Mawon : Indépendance ?}}

{{Maxette: Oui ! J´ai remarqué que c´est un mot qui irrite aux Antilles.

{{Nèg Mawon : Tu sais pourquoi ce mot irrite ? Parce que le mot indépendance lié à nos îles réveille chez certains la peur que la France leurs donne l´indépendance.}}

{{Maxette: Une amie m´a même recommandé de radier ce mot de mon vocabulaire en Guadeloupe si je ne veux pas me faire honnir, ce mot d´indépendance étant marginal. Indépendance synonyme de marginal ? Quel dictionnaire qui a écrit cela ? Ce doit être terrible de vivre avec cette peur de perdre alors qu´on a tous les atouts en main, parce qu´en 2007, selon ce que j´ai lu dans les news de Shen-Mag.com: [http://www.assemblee-martinique.com/joomla/news-225/nicolas_sarkozy_aux_...>http://www.assemblee-martinique.com/joomla/news-225/nicolas_sarkozy_aux_..., ] le discours du Président Sarkozy aux Guadeloupéens était plus que chaleureux et plein d´espoir: "Je suis venu dire aux Guadeloupéens que j'ai besoin d'eux, de leur jeunesse, de leur dynamisme, de cette diversité qu'ils portent en étendard", “ On a besoin d'eux pas simplement pour le sport, pour la musique. C'est formidable. On a besoin d'eux pour leur intelligence, pour leur capacité à travailler. Ici, on sait ce que cela veut dire, le travail", a-t-il lancé. "Je suis venu leur dire aussi qu'ils font partie de l'identité de la France, car la France ne serait pas tout à fait la France s'il n'y avait pas la Guadeloupe et ces régions et territoires ultra-marins qui font que la France est présente sur tous les océans du monde", a ajouté M. Sarkozy. "Il faut que les territoires ultra-marins aient la même chance de développement que les autres", a-t-il poursuivi. ... “Le candidat UMP a souligné qu'il venait promettre à la Guadeloupe "la chance du développement et pas de l'assistanat". "Je ne viens pas promettre d'améliorer de 2 % le RMI, je sais parfaitement que, avec le RMI, on ne vit pas, on survit", a-t-il ajouté.” "Je viens promettre et proposer une zone globale d'activité, de nouvelles formations, des investissements. Je viens m'engager à défendre la banane, à plaider pour le développement et la diversification de l'agriculture, à donner la chance d'une autonomie énergétique avec l'éolien, le solaire et la biomasse et les infrastructures nécessaires pour développer le tourisme", a énoncé M. Sarkozy.” C´est un beau et fort discours!. Wè! Fòs. Tu me diras pawòl an bouch pa chaj mé pas pour un Président de la République dont la devise est “Liberté, Égalité, Fraternité”. Et puis c´est aussi écrit. An ka li. D´autre part, j´ai lu sur Blog Otonom Mawon comme toi-même que “Renseignez vous, Bernard Pons disait lui même en 1986 que les DOM-TOM rapportaient à la France "largement plus que ce qu'ils lui coûtent". Par ailleurs les Antillais sont français qui cotisent et paient des impôts comme n'importe quel français, ils sont en réalité plus taxés que les métropolitains (en plus de la TVA, on paie ici 3 taxes d'octroi de mer sur tout produit importé) et paient des impôts locaux aussi élevé qu'en Région Parisienne.” Si tout cela est vrai, je ne comprends pas pourquoi beaucoup de Guadeloupéens craignent que la France leur donne l´indépendance. Je précise que je ne vis pas en France donc je ne sais pas tout. Je suis ouverte et veux comprendre. C´est ainsi que cet article de Montray m´est apparu fap! [http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2122->http://www.montraykreyol.org/spip.php?article2122]
Lè yo Montray fò-w li-y ! An ka li.

{{Nèg Mawon : Il est aussi écrit sur ce même blog que les manifestants ne demandent pas l´indépendance.}}

{{Maxette: Selon Hector Poullet “La langue créole crée ainsi selon ses besoins des mots à partir du français en détournant ou en contournant la langue française. La profitation ou profitassion n'est pas seulement tirer profit de sa position dominante, mais abuser de cette domination au-delà du nécessaire, c'est de la pure méchanceté. La profitation est née dans l'Habitation, a grandi dans la Plantation, et perdure dans la néo-colonisation que nous appelons "départementalisation"”. Je n´invente rien, tout est déjà écrit. Personnellement, je préfère le mot indépendance à celui de pwofitasyon parce qu´en étant indépendante, je suis libre de laisser quelqu´un pwofité sur moi ou de moi ou je peux refuser et catégoriquement dire non. C´est le libre arbitre.

{{Nèg Mawon : Voilà plus d´ un mois que nous attendons le résultat des négociations. Que dis-tu de cela ?}}

{{Maxette: Revenons aux promesses de M. Le Président Sarkozy sur Shen-Mag.com parce que moi aussi je suis citoyenne Française, j´écoute le Prédident de la République : “Jugeant "inacceptable" que la Guadeloupe soit régulièrement prise en otage par des grèves qui "détruisent" son image, il a été le plus applaudi lorsqu'il a proposé la création d'un "lieu de résolution des conflits à froid" pour une médiation systématique.” Que demande le peuple ? Pen é poul oubyen poul épi diri ? Donc, si c´est vrai que 40 000 personnes soit un dixième de la population, ont manifesté dans les rues de Pointe à Pitre et à Basse-Terre au nom d´LKP, c´est qu´ils en ont assez et veulent peut-être se libérer définitivement du joug du néo-colonialisme, de ces pwofitasyon et ces humiliations contre lesquels ils manifestent. Je ne sais pas. Tout ce que je sais est qu´aujourd´hui où je te parle, si je me sens exploitée et négligée par qui que ce soit, en plus chez moi, dans ma maison sur mon domaine, je fais un wélélé et je fais mon exploiteur faire vent quelque soit sa race et son pedigree. C´est une réaction humaine.

{{Nèg Mawon : Une décision individuelle n´est pas aussi facile qu´une collective Maxette. As-tu déjà vécu une grève ?}}

{{Maxette: J´ai vécu mai 1968 en France qui fût après celle de mai 1967 en Guadeloupe. En tous les cas 40 000 personnes révoltées calmes ou agitées dans les rues de Paris ou de Pointe-à-Pitre, c´est certainement une masse de déception. Il faut reconnaître qu´à la Guadeloupe, à la Martinique ou ailleurs, qu´on le veuille ou non, une grève d´un jour ou un an demande beaucoup de courage et de sacrifices pendant et après la grève, parce que apa menm jou fèy tonbé andlo i ka pouri, donc tenir le coup isolés sur l´île exige certainement une sacrée solide unification, une consciente motivation, une solidarité à toutes épreuves et une bonne dose de bienveillance et de dévouement. C´est là qu´il faut pratiquer ardemment le fameux slogan de kyenbé rèd é pa moli ansanm-ansanm. C´est à ce moment plus que jamais ki on men ka lavé lòt é anmenmditan ou pépa konté anlè zyé a lézòt pou dòmi, davwa on pèp ki paka travay, apa on pèp, sé on pil moun é nèg pa nasyon i ka pozé, disent les vieux proverbes créoles. Adantousa, il ne faut pas oublier que... lè difé mò, ti chyen ka jwé an sann. Sé konsa sa yé.

{{Nèg Mawon : Pour revenir au fameux mot, je suis moi-même un mawon. Je sais que tu as eu beaucoup de mal à accepter que le mot indépendance soit presque banni chez nous. Maintenant au moins tu sais que pour les Antillais, le mot indépendant est lié à l´indépendantisme.}}

{{Maxette: Ouf ! J´ai enfin compris cela. Un politicien est une personne qui exerce une action politique dans le gouvernement ou dans l'opposition et qui est copieusement payée pour cela. Je ne suis pas du tout payée pour faire de la politique et je n´ai ni l´âme d´un bouc émissaire ni celle de Jeanne d´Arc ou d´une martyre. Lorsque je t´ai conseillé le livre “ Éloge la créolité” qui en le lisant renforce mon indépendance intérieure, je signifiais littérature, poésie, regard intérieur, spiritualité. C´est un très beau livre analytique qui marque la sincérité, l´union, la liberté et le courage de trois grands écrivains martiniquais. Indépendance littéralement signifie pour moi LIBERTÉ. Ainsi écoute moi bien Nèg Mawon ! En tant que descendante d´esclaves noirs qui vit dans un monde blanc, pour ma santé mentale, j´ai ce besoin de croire et laissez moi croire que mon indépendance je veux dire ma liberté commence dans l´esprit. La liberté est d´abord un sentiment, je répète sentiment car toute réalisation, toute vision, toute création commence par une émotion, une passion... donc ce sentiment de liberté qui se concrétise dans le pouvoir de se transformer, d´évoluer, de respecter les siens et les autres, de dire ce que l´on pense, de s´exprimer et de faire ce qu´on veut en tout bien tout honneur, commence en soi-même, ANDÈWDAN, dans l´esprit. C´est le travail que je fais moi-même. Veiller à sa dignité ne veut pas dire qu´on n´a pas besoin des autres. Au contraire. C´est avec les autres et à travers les autres qu´on jouit de sa liberté. C´est mon opinion et encore une fois pas une vérité établie.

{{Nèg Mawon : Si tu étais dans la politique, qu´est-ce que tu proposerais pour améliorer la situation aux Antilles ?}}

{{Maxette: Encore une fois Nèg Mawon, je ne suis pas dans la politique, je n´habite pas à la Guadeloupe et ne propose rien du tout. Pa mélé mwen. Surtout ne déforme pas ce que je dis. Tout ce que je sais est que pour faire des milliers de kilomètres, il faut commencer par un petit pas. Tout commence dans l´imaginaire. Une saine réforme exige une libération, une délivrance, une indépendance, une cassure définitive de ces chaînes en ce jour invisibles à l´œil. Pour cela de la même manière qu´il y a eu récupération de la puissance du mot CRÉOLE en actionnant le mouvement de la Créolité qui ne se fait pas sans heurt, et le désamorçage du mot NÈGRE avec le mouvement de la Négritude qui a aussi ses opposants, et que l´INDIANITÉ fleurit, recueillir, accueillir et retenir l´élixir du mot indépendance ou si vous préférez LIBERTÉ en soi est capitale, autrement il y a risque de se faire reprendre dans des nouveaux filets et ce ne sera pas des filets à provisions trop chers pour la bourse en crise. Pour capter mon esprit de liberté, je demande à tous de lire et relire Dieu est nègre [http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1642 ->http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1642 ] Lèspwi kay pli vit ki kò, est le proverbe créole. Mes écrits sont écrits sans ambages, mais pas moins extraits d´une profondeur... créole. De la même manière que je ne suis pas politicienne, je ne suis pas historienne. Je raconte tout simplement des histoires créoles. Je te vois venir Nèg Mawon, ne me dis pas que j´introduis trop le mot créole.

{{Nèg Mawon : Pour le moment, tu sembles mêler la philosophie à la politique. Ce n´est pas aussi facile que tu l´expliques Maxette. Est-ce que cela va ensemble ?}}

{{Maxette: C´est toi qui as voulu savoir ce que je pense sur le sujet actuel aux Antilles. Je ne suis pas une spécialiste de la pensée. Philosophie, politique ou pas, si la démocratie existe, l´hégémonie ne devrait pas exister sans le consentement d´une population, surtout en France qui a la culture de la révolution.

{{Nèg Mawon : Oui, mais toutes ces abstractions ne règlent pas la question du chômage.}}

{{Maxette: J´espère que l´après-grève réglera ce problème de chômage pour les Antilles car là sincèrement Nèg Mawon, donner du travail aux gens n´est pas mon domaine. Déjà que je me débats à être patronne de moi-même, je n´ai pas de tisane contre le chômage. À ma rentrée dans la vie active il y a 40 ans, j´étais endoctrinée de “il n´y a pas de travail” et la population mondiale était de 2, 7 milliards. À l´heure qu´il est, elle à peu près de 6,7 milliards. Ils prédisent 9 milliards lorsque tu auras mon âge. Diplôme ou pas, ni la Guadeloupe, ni la France et encore moins la Suède ne m´a donné du travail, mais la Suède m´a donné la possibilité d´étudier comment avoir du travail. C´est ce que j´ai fait assidûment et que je fais encore. Alors que je ne maîtrisais pas encore la langue, je me suis donnée du travail en ouvrant ma propre entreprise trois mois après mon arrivée. En 1992, lors de mon recyclage j´ai été l´objet d´une étude de jeunes informaticiens suédois, parce que pendant mes cours d´ordinateur, en voulant m´enseigner le diagramme et la statistique, ils ont remarqué que durant une quinzaine d´années j´ai pu tenir toute seule une boutique en Suède où tout est super contrôlé, alors que je ne sais pas compter, ce pourquoi je ne pouvais compter sur personne (Maxette rit aux éclats). J´avais bien sûr un comptable et j´étais bien sûr contrôlée régulièrement par les impôts, mais ce que je ne leur ai pas dit est que parallèlement, j´ai utilisé honnêtement la technique mathématique de la créativité créole : “Débouya pa péché” et “Apa kouyon ki rann mwen nwè”. Ce sont mes vrais diplômes internationaux. À part s´ils habitent en Chine, j´encourage les jeunes à ne pas attendre du travail de l´état, mais de faire du travail leur état.

{{Nèg Mawon : Moi aussi je me débrouille. Tes conseils archaïques sont bien beaux, mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs. La Guadeloupe n´est pas la Suède. C´est du cash que tout le monde a besoin. Il y a beaucoup de diplômés antillais qui ne trouvent pas de travail à cause d´injustice sur le marché du travail. Ils peuvent dire que ce n´est pas aussi facile que tu dis ou qu´ils ont déjà tout essayé et pourtant le chômage persiste ou qu´ils n´ont pas d´argent, pas de temps ... etc. Et c´est vrai. }}

{{Maxette: Les embouteillages nous énervent, mais sont de bonnes excuses pour arriver en retard. Je connais un professeur de chinois qui ne parle pas chinois, des célibataires endurcis experts en relation, j´ai même rencontré un professeur de danse qui ne sait pas danser. Je suis moi-même écrivain sans être écrivaine. Et moi aussi je veux du cash même si je ne sais pas compter. “ ... Le nouveau système de création de la richesse est à la fois localisé et planétaire. ...” a informé Alvin Toffler dans “Les Nouveaux Pouvoirs” Fayard. Selon mon expérience, si nous voulons accomplir de grands projets, cela commence en prenant le temps de faire des toutes petites choses... archaïques.

{{Nèg Mawon : Quelles petites choses ?}}

{{Maxette: Faire ce que j´ai à faire à dessein de faire ce que je veux, est une de mes règles de vie. Les petites choses qui me magnifient sont lire, écrire, étudier, écouter, pratiquer, vigilance, discipline... et comme je l´ai dit dans le film, je me serre la ceinture. Essaie de te serrer la ceinture et tu verras que cela te permets de bien te maintenir autant que possible..., voilà mon débouya kréyòl. C´est ce que je fais tout le temps. Pa ni gran zafè! C´est simple mais c´est beaucoup de travail. Ce n´est ni facile ni une vérité établie, sé lay pann i sèk. Personnellement, je n´ai jamais eu ni les moyens ni le temps de ne pas être optimiste, donc kon di Malté mari an mwen ka-w vlé an di-w ? Que veux-tu que je te dise d´autre Nèg Mawon ? “Nous sommes tous les enfants du bon Dieu”, chante le Martiniquais Kali.

{{Nèg Mawon : Ton dernier mot Maxette}}

{{Maxette: Ceci dit, je n´habite pas la Guadeloupe, je ne suis pas plongée dans le problème, je n´ai aucune prétention d´apprendre quoique ce soit à quiconque car je peux inspirer, mais je ne suis pas là pour changer le monde. Je suis tout simplement touchée que tu aies insisté pour savoir ce que je pense Nèg Mawon. C´est fait. Bon ! Paix et Unité est une de mes devises. Merci pour ta patience ! J´ai beaucoup appris durant ton interview. Mèsi anlo ! Quelque soit comment nous voyons l´herbe plus verte ailleurs, nou tout´an menm ben-la. Ben démaré-la. BonDyé bon ! est le soupir de la confiance créole.

{{Nèg Mawon : Sé bon ! Merci Maxette !}}



Commentaires

monique_ | 13/03/2009 - 17:08 :

Maksèt chè,
An pa konnèt-w mé an konnèt Ektò Poulé, bonmoun an-mwen ka montré-mwen kréyòl gwada. Kijan an kontré Ektò ? Plita an ké rakonté istwa-lasa ba-w. Mé, jòdila an vlé èspliké ba-w poukisa Ektò di-mwen :" fo ou li sa Maksèt Olsson ka maké" : sé parapòt a Léonce / Mama Mondésir. Ou pòkò konnèt Mama Mondésir, on Gwadloupéyenn byen doubout, on malfanm i rété anmitan tèt an-mwen jis an konswa ékri istwa a-y la. Mé dabò, pou rivé an rivé fè sa, té fo an apwan kréyòl. Osinon, an pa té ka konpwann Léonce Mondésir. Menmparèy èvè-w, an on kontè. Kanmenmsa, an èstébékwé toubòlman lè an ka li sa ou ka ékri padavwa an ka woutouvé Mama Mondésir adan sé pawòl a-w la ( on Bondyé nèg, on Vièj nwè et kisisi-kisala). Mé ou pli janti,pli poèt, pasé mwen, asiré pa pétèt! Si lidé an-mwen ka sanm sa menmparèy èvè lidé a-w, an pa ni bonkyè menmanyè èvè vou. An,sé on vyé Métwo i enmé latè, lèmond, anmenmditan i an kolè toultan parapòt a kouyonnad a limanité-la. Kra-kra-kra !


Fo ou kontinyé ékri, fo ou kontinyé konté lontan lontan. Padavwa nou bizwen tann sé pawòl vwé la asi pèp antiyé ka viv jòdijou.Sakivédi yo pa ka obliyé avan-la, istwa a-yo la, mé yo ka gadé douvan. E douvan sé douvan ! Asi téyat a Lavi-la, èsklavaj é Béké dèyè rido a Listwa la. Sé lézòt-la, tout sé lézòt moun karaïb la, blan, jonn, blé, bata-blan, bata-jonn, bata-nwè, krétyen, jwif, mizilman é kisisi-kisala, tout sé moun-lasa té dwèt dakò pou yo viv ansanm, é ansanm ansanm, douvan rido a Listwa la. Yo té dwèt anfendéfen konpwann apa lapo i ni pòtalans, mé pawòl-la, anki pawòl-la... Fo Béké konmansé konpwann sa pou yo rété asi sé lilèt-lasa, osinon yo ké disparèt, séten sa. Fo yo sav yo déyè rido asi téyat a lavi-la. Sa konsa. E sa byen.


Paris, an pa pé langanné an kréyòl èvè bonmoun an-mwen: yotout métwo métwo ! Adonk fo ou èskizé èstil an-mwen, érè an-mwen ! Ektò ka di mwen sé on bon zélèv a-y. Mé i janti,ou sav sa !

A ondòt sòlèy, Maksèt chè !


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