LA FEMME BATTUE (OU L´HOMME BATTU) N´A QU´À S´EN PRENDRE À ELLE-MÊME.

Journée des Femmes battues


Maxette Olsson

Mercredi, 27 Novembre, 2013 - 08:02


Que personne ne mentionne la fréquente violence domestique chez les couples homosexuels est nébuleux. En général les femmes battues semblent plus nombreuses que les hommes, tout d´abord parce que les maisons d´accueil sont pour les femmes, mais aussi parce qu´elles sont parfois plus loquaces que la gent masculine. Les mots peuvent frapper l´orgueil d´un homme de la même manière que la femme ressent la gifle ou le gnon. Non! C´est une constatation. Pas une excuse. Allons donc!  En reconnaissant qu´il y a violence même dans anti-violence, il est définitivement clair que la violence devrait être bannie non seulement de nos pratiques mais de nos sentiments, et d´abord de de notre vocabulaire. Oui, je rêve.

Mais en cette "Journée des Femmes battues" en France, restons réalistement sur ma propre expérience de femme battue. J´ai été battue par un homme de mon île qui représentait hautement la justice au point de fonder la première "Maison de femmes battues" quelque part sur la planète. Incroyable mais vrai. Ce n´est pas de la couillonnade. Mon expérience est celle de toutes les femmes qui croyaient avoir déniché l´homme exceptionnel. On mal nònm !

L´Archétype. Après avoir battu sa femme ou sa compagne, l´homme se repens parce qu´en prédateur psychopathe, il appelle à la pitié de sa partenaire à seule afin de ne pas perdre sa proie.  "C´est toi que j´aime. La seule personne que j´ai aimé dans ma vie. Tu es tout pour moi. Je ne recommencerai plus. Ne me quitte pas. Que ferai-je sans toi? Pardonne moi !" est la tirade classique arrosée parfois de larmes et... de cadeaux. Bèl kolyé chou. "Il n´est pas mauvais. Regarde ce qu´il m´a offert à la saint Valentin!" Le psychopathe feint des émotions à seule fin de manipuler son butin. Les psychopathes incultes sont brutaux et grossiers. Les psychopathes cultivés et renommés, eux sont insidieusement pervers et immoraux donc les pires à déceler et signaler puisqu´admirés et honorés par un public et même souvent un peuple. Croyez moi, ils sont souvent impressionnants.

La gent féminine, la seule qui peut être prégnant et enfante l´Univers est de nature emphatique et miséricordieuse. En voyant son homme en supplication à ses pieds, elle prend pitié de celui qu´elle croit aimer, souvent le père de ses enfants et se soumet volontiers à son jeu. Elle pardonne en pensant que "son amour" pour lui  effectuera une miraculeuse métamorphose. "Ce n´est pas de sa faute. C´est moi qui l´énerve. Je parle trop. Je n´ai qu´à me taire. Je ferai plus attention. Je l´aime. Il va changer. Mes enfants ont besoin de leur père. Tout s´arrangera avec le temps. Nous serons heureux." dit-elle et se dit-elle.

Le "Que du bonheur" de la réconciliation est indescriptible et l´euphorie d´avoir transformer son loup en agneau est orgasmique… mais "tout passe, tout casse, tout lasse" donc bien sûr celui ou celle qui bat son conjoint ou sa conjointe une fois, recommence. Ce n´est pas un conte de fée genre "Il était une fois." C´est aussi une lâcheté qui ne lâche pas sa victime sans un profond travail thérapeutique de responsabilité émotionnelle, ce qui ne se fait pas en un jour ou même des années lorsqu´il se fait. La misogynie et la misandrie sont incurables. En attendant c´est la danse du rabibochage à la cadence des promesses: "Doudou-chérie! J´ai besoin de toi. Je ne recommencerai plus. Je vais changer chérie." Ce n´est pas jeu. Au prochain courroux, il cogne plus fort, plus longtemps et de plus belle et se repens encore, fais son acte de contrition et sa femme pardonne "comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés" encore et encore une fois… jusqu´à la prochaine dérouillée. Et se tient la même raccommodaille au septième ciel puis, soudain, sans crier gare, la fureur de l´ire.  Et vlan! La claque! La bourrade! La dégelée, la giboulée, la trempe, la tripotée, la raclée, kou an poun a moun, la rage de nouveau… Voilà! Le cercle de violence se vicie, parce que les enfants qui épousent les qualités et les traumas de leurs parents continuent sur la lancée formant une solide chaîne. Si le bourreau est le père, les fils deviennent les prédateurs. Et si la maman est battue, la fille rentre dans la ronde. Ce fût mon cas. Ma chance est que tout en ne sachant pas grand chose, j´étais consciente que je n´osais pas aimer un homme plus que je ne m´aime moi-même, et à cet époque je ne m´aimais pas du tout. Je cherchais l´amour.  

Et c´est alors que la femme battue se débat dans ce disque frénétiquement rayé, ce cercle aliéné  que son entourage pose la question cruciale. Pourquoi la femme reste dans cet enfer avec son bourreau parfois toute sa vie?  POURQUOI ne se sauve-t-elle pas? "Moi, jamais je n´aurais laissé un homme me battre. Tu ne me connais pas?" se vantent certaines femmes. Mais merde, elle n´a  qu´à s´en prendre à elle-même entend-on.  Pourquoi supporter ces humiliations? 

Réponse une fois pour toutes: parce qu´elle devient addictive, accro, dépendante de l´euphorie, de l´espoir, du bonheur de la réconciliation qui devient son antidépresseur, son tranquillisant, sa drogue. Une réconciliation qui semble effacer tous les bleus, les côtes cassées, les yeux au beurre noir, les coups de pieds, les sourcils pétés … Cette réconciliation qui éteint les peurs et lui fait croire au miracle de la transformation du père de ses enfants, de son homme, de sa moitié, de son grand amour. Ne pas abandonner le rêve d´une famille unie, devient une passion.

Il est difficile d´admettre que les gens ne changent pas. Les qualités et les défauts plantés dans l´enfance s´accroissent avec le temps. Dans ce cas de violence domestique, s´ils ont l´intelligence du coeur, s´ils prennent profondément la responsabilité de leurs émotions, de leurs actes, ils peuvent voir les choses sous un autre angle, mais ils ne changent pas. La capacité de ressentir ce que ressent autrui, la confiance, le respect, la tendresse sont des profonds attributs qui assurément sont en pénurie chez le prédateur ou la prédatrice toujours adenté à guetter sa proie dans toutes les classes de la société. Ils sont partout.  

Messieurs! Protégez vos femmes, la mère de vos enfants, votre mère, vos soeurs, vos filles, vos amies, la source de votre Création!

Mesdames! Donnons à nos hommes tant de compréhension et d´amour afin qu´ils respectent, honorent et aiment La Femme! Nous. 

Restons vigilants! Merci! Si vous vous reconnaissez, ne m´en voulez pas je vous prie. C´est mon histoire et pas la vôtre. 

La i pann i sèk! À bon entendeur, salut.

Paix, Amour et Lumière!

Maxette Olsson


 montraykreyol.org